Le monastère était en effervescence, il s’agissait de l’anniversaire de la fondation de l’Ordre des Tueurs de Démons et chaque novice nouvellement admis devait participer à un tournoi sous l’œil des maîtres et entraîneurs. Parmi les recrues prometteuses se trouvait un jeune garçon de six ans qui a toujours vécu dans le monastère. Son visage était dénué d’expression et son regard était glacial et indifférent. A sa ceinture pendait un glaive en bois destiné aux combats rituels. Il portait un manteau noir comme le reste de se vêtements. Il attendait, impassible lorsqu’on lui parlait, il ne répondait pas, il ne regardait même pas celui qui s’était adressé à lui.
De grandes tables étaient disposées en cercle dans le cloître formant une sorte d’arène. Les initiés regardaient avec intérêt ceux qui reprendraient le flambeau à condition qu’ils survivent. Atropos grand ancien de l’Ordre se leva.
-Que les duels rituels du Jour de la Fondation commencent.
Le Maître d’arme appela les deux premiers combattants.
-Luther et Arian, avancez vous !
Arian était le contraire de Luther, expressif à souhait, il était également arrogant et particulièrement fier de sa grande épée à deux mains (en bois également). Les deux enfants se faisaient face.
Luther retira son manteau et le laissa tomber à terre. On pouvait voir les multiples cicatrices qui sillonnaient son dos formant un réseau de meurtrissures. Il prit son glaive et se mit en garde.
Le Maître d’arme lança le signal. Luther fut le plus rapide des deux. Il rugit en chargeant, son coup manqua de toucher Arian qui riposta avec son arme lourde. Luther se retourna promptement et para l’attaque. Le fil de la lame du glaive fendit l’air en direction de la tête de son adversaire qui n’eut que le temps d’interposer son arme entre la lame et son visage. Il put alors plonger son regard dans celui de Luther. Les yeux qu’il vit étaient différents du regard dénué d’expression du novice. C’était un regard noir, plein de rage et de haine, Les yeux étaient noirs sur fond noir et les canines étaient devenues semblables à des crocs. L’expression d’Arian s’emprunt de terreur.
-Ces yeux… ce sont ces yeux là.
Atropos comprit alors. Il regarda le maître confesseur qui lui répondit d’un signe de tête. Il claqua des doigts et quatre vétérans de l’Ordre entrèrent dans l’arène et attrapèrent Luther.
-Ce monstre a besoin d’une purification. Amenez le dans sa cellule.
Luther vit alors le maître confesseur prendre le fouet écorcheur. Alors sa rage devint horreur. Il voulait se libérer, il était inutile de se débattre mais il ne voulait pas subir cette torture à nouveau. La sinistre procession descendit vers les caves du monastère, dans une cellule où la seule source de lumière montrait des taches de sang sur le sol…